La peur du noir de Françoise Rey

★★★★★ (5/5) — « Un roman unique publié par un éditeur qui porte un nom adapté, Tabou. Parce que oui, des sujets tabous y sont dépeints et la lecture de cette histoire ne peut laisser personne indifférent. ‘La peur du noir’ a fait une pression forte sur mon cœur, j’avais le sentiment d’étouffer au fil de ma lecture. Le fait que je sois nyctophobe a pu amplifier ce sentiment… Mais malgré ces horribles sentiments qui faisaient rage à l’intérieur de mon cœur je dois avouer que j’ai trouvé ce roman fascinant. »

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Au gré des mensonges pieux et des vérités parfois cruelles, ils vont s’engager sur des terres inconnues, celles de la découverte de soi et de l’autre. On dit que l’amour est aveugle, mais cela signifie-t-il qu’il soit mal-voyant ou au contraire extra-lucide ?

⇢ FICHE TECHNIQUE

Titre : La peur du noir
Auteur : Françoise Rey
Editeur : Tabou (Le Cercle)
Genre : érotique
Parution : 05 avril 2014 (première parution par Le Cercle le 02 mars 2000)
Nombre de pages : 240

Ce roman appartient à la collection ‘Les Jardins de Priape’.

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Cédant aux exigences de son amant, Jeanne s’oblige à regardait ce qu’elle n’osait pas fixer des yeux et elle met en mots — jusqu’à en être obscène — le corps, sa transe, le désir fou. Roland quant à lui, récemment privé du sens de la vue, savoure une sexualité inédite grâce à l’ouïe, au toucher, au goût, à l’odorat et à l’ivresse de la parole de Jeanne fait naître en lui.

Au gré des mensonges pieux et des vérités parfois cruelles, ils vont s’engager sur des terres inconnues, celles de la découverte de soi et de l’autre. On dit que l’amour est aveugle, mais cela signifie-t-il qu’il soit mal-voyant ou au contraire extra-lucide ?

⇢ AVIS

8
ERIKA
Note : ★★★★★ (5/5)

Un roman unique publié par un éditeur qui porte un nom adapté, Tabou. Parce que oui, des sujets tabous y sont dépeints et la lecture de cette histoire ne peut laisser personne indifférent. ‘La peur du noir’ a fait une pression forte sur mon cœur, j’avais le sentiment d’étouffer au fil de ma lecture. Le fait que je sois nyctophobe a pu amplifier ce sentiment… Mais malgré ces horribles sentiments qui faisaient rage à l’intérieur de mon cœur je dois avouer que j’ai trouvé ce roman fascinant.

Il y a très peu de personnages dans ce roman, je dirais deux principaux, un ou deux secondaires et quelques figurants mais là encore, très peu. Toute l’histoire tourne autour de Jeanne et Roland bien que Claire et le bébé soient des personnages importants puisque c’est leur existence et le lien qui les unit aux personnages principaux qui rendent cette histoire limite obscène et malsaine.
Jeanne est une femme mature, la mère de Claire, victime du temps elle a de grandes difficultés à aimer le reflet que son miroir lui renvoie. Roland est son gendre, le mari de Claire, un artiste qui semble avoir perdu la tête en apprenant que son bébé ne serait peut-être jamais en mesure de voir. C’est Roland qui entrainera Jeanne dans une relation cruelle. Une relation où la vue n’a pas sa place et où les quatre autres sens combleront l’absence de lumière pour Roland.

Il est difficile pour moi de séparer les points positifs des négatifs car chaque élément se trouve dans les deux catégories, à mon sens. J’ai particulièrement aimé le fait de vivre l’histoire ‘les yeux fermés‘ et de découvrir avec ces deux amants les autres sens trop souvent oubliés. Cela m’a fait réaliser que nous nous concentrions trop souvent sur ce qui est visible sans nous rendre compte que ce que nous voyons n’est pas toujours une bonne chose. Le point dérangeant de la chose c’est que contrairement à ce que la quatrième de couverture laisse penser, Roland choisit de ne plus voir. Bien sur ses intentions sont pures — même si elles ne sont pas forcément décrites comme telles — mais cela reste quelque chose de dérangeant de voir un homme se rendre volontairement aveugle quand d’autres donneraient n’importe quoi pour recouvrer la vue ou découvrir l’effet que ça fait de voir.
Le plus malsain et en même temps le plus intéressant de cette histoire c’est cette relation entre la belle-mère et son gendre. Imaginez votre mère au lit avec votre partenaire, avouez que c’est franchement horrible pas vrai ? Ce n’est pas le problème de l’âge mais bien le fait qu’elle soit la mère de Claire qui est dérangeant. Une mère ne peut pas, ne doit pas faire quelque chose comme ça à son enfant, ça ne fait pas partie du contrat invisible mère/fille. Alors oui j’avoue avoir été légèrement choquée par cette relation mais paradoxalement Jeanne est une femme avant d’être une mère. C’est en réalisant ça que j’ai réussi à continuer ma lecture sans porter de jugement. Par ailleurs après avoir lu plusieurs romans de Françoise Rey je ne m’étonne plus de rien, cet auteur a un don pour parler de sujets tabou (mention spéciale à Ultime Retouche, allier la mort et le sexe, encore quelque chose d’unique).

L’histoire est vraiment unique — je pense que c’est parce que l’auteur a un esprit unique elle aussi — et provoque des sensations extraordinaires. Je recommande aux gens de lire ce roman, c’est une histoire qui pèse lourd sur notre cœur au fil de la lecture, à cause de ce que j’ai mentionné plus haut mais aussi en raison des descriptions plutôt extrêmes, sexuellement parlant. Mais je reste convaincue que ‘La peur du noir’ est une aventure personnelle extraordinaire. C’est comme vivre l’interdit à travers le papier, c’est malsain mais ça reste une expérience à vivre ne serait-ce que pour l’excellente exploitation des quatre sens, l’odorat, le toucher, l’ouïe et le goût.
Je déconseille cependant ce roman aux personnes dont la droiture ferme l’esprit, pour lire ce roman je reste persuadée qu’il faut plus qu’être simplement ouvert d’esprit, il faut s’accrocher émotionnellement. Parce qu’un livre ce n’est pas juste du papier, c’est un endroit dans lequel vous allez vous plonger et les sentiments écrits dedans viendront envahir votre être. Alors votre lecture risque de ne pas être agréable si vous n’êtes pas capables d’endurer la folie de cet ouvrage.

En dépit de tout, j’ai mis cinq étoiles à ce roman. A lire mon avis on pourrait penser que je n’ai pas apprécié mais c’est tout le contraire. Je n’approuve pas une relation de ce genre mais je ne peux nier avoir été fascinée par ‘La peur du noir’ et pour avoir réussi à me faire ressentir tant de choses sans me dégoûter, je ne peux que donner la note maximale à ce roman qui jusqu’ici est mon préféré de Françoise Rey. Cela peut sembler fou mais ce roman est un de mes préférés, oui je pense que c’est fou. Disons simplement que la folie dépeinte dans les lignes de ce récit aura eu raison de moi.

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Broché — Fnac, Amazon (15,20€)

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2 réflexions sur “La peur du noir de Françoise Rey

  1. Ichmagbücher dit :

    Une très belle chronique je trouve. Je viens de finir mon premier livre de cette auteure avec Nuits d’encres. J’aime bien son style. Mais je ne crois pas être prête pour le livre dont tu parles.

    • Plume Bleue dit :

      Merci ^^ Je n’ai pas lu ‘Nuits d’encres’ mais si elle a vraiment le même style pour chacun de ses ouvrages je pense qu’il faut vraiment avoir le coeur (et l’esprit) accroché pour la lire et je peux comprendre que tu ne te sentes pas prête pour ‘La peur du noir’. Je reste vraiment convaincue que c’est un excellent ouvrage de par son intensité mais tout de même pas adapté à tout le monde. Mais si un jour tu le lis, n’hésite pas à me donner ton avis, je suis vraiment curieuse de savoir ce que d’autres en pensent ! ^^ – Erika

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